Petit historique...

 

En 1982, les ciné-clubs de Moulins étaient bel et bien morts. Surconsommation télévisuelle sans aucun doute !

Mais certains cinéphiles ne comptaient pas se laisser abattre aussi facilement et ont donc décidé de créer Ciné Bocage, avec l’aide de la Fédération des associations laïques, dans le but de programmer du cinéma d’auteur à Moulins.

C’est par une entente avec le Palace et les Mariniers que Ciné Bocage projette un film Art&Essai, trois séances tous les quinze jours sous la présidence de Jacques Roger.

L’association avance peu à peu et commence à se faire un nom. C’est ainsi que dès 1989, quelques temps forts vont être organisés, tels que « Rêves et révoltes » ou « Histoires de garçons et de filles. » L’association continue son envolée et, dès 1994, Ciné Bocage projette un film quatre fois par semaine.

 

C’est là que les choses évoluent. Les nouveaux responsables, Jean-Jacques et Nicole Richard, redonnent un nouvel élan à l’activité, ce qui permet à Ciné Bocage d’hériter de son envergure actuelle. C’est notamment avec la création du festival Jean Carmet que les choses prennent leur essor.

Ce festival, créé dans l’idée d’avoir un vrai festival à Moulins, promettait un événement culturel et convivial, permettant d’aller à la rencontre des œuvres, mais aussi de leur auteur et des professionnels du cinéma. Un festival qui récompense les seconds rôles, par souci de ne pas laisser tomber ces derniers dans l’oubli.

Les seconds rôles donnent souvent une épaisseur à l’histoire et font exister pleinement les personnages. Ces interprètes dont ont connait bien le visage, mais dont on ignore le nom, méritent que l’on attire sur eux l’attention du public.

Ce pourquoi Jean Carmet a été choisi comme icône du festival. Jean Carmet, acteur talentueux et populaire, interprète de seconds rôles inoubliables… image chaleureuse correspondant parfaitement à l’image que Ciné Bocage voulait donner au festival. Et pour tenir le rôle du parrain, Yves Robert, venu par mémoire à « Jean Carmet, car c’était [son] ami, un grand artiste ». Sa présence sur le festival a été d’un grand soutien.

 

Au fil des années, le projet s’est enrichi : la compétition longs métrages avec récompenses de seconds rôles reste la même et on lui rajoute une compétition courts métrages où sont récompensés de jeunes espoirs.

C’est ainsi que de jeunes talents ont été découverts bien avant leur passage à Cannes, comme Natacha Régnier, Sophie Quinton dans le fameux Peau de vache… et que certains grands habitués des seconds rôles, comme Jean Paul Bonnaire, ont reçu, parfois un peu tard, la reconnaissance que leur talent méritait.

Et on tente, on efface, on réessaie. De fil en aiguille, le festival prend toute sa consistance en rajoutant des sphères animées et attrayantes autour de la programmation, avec entre autres des hommages à acteurs, des ciné-apéros, des sections découverte, des leçons de cinéma… Tout un tas de satellites qui rendent le festival plus riche et complet pour le plaisir du plus grand nombre.

 

Petit festival est devenu grand. Ciné Bocage a dès lors su se faire connaître et obtenir le respect des grandes institutions, qui n’ont alors plus hésité à lui confier des projets d’envergure, comme l’a fait le Conseil Général de l’Allier avec « Regards d’Afrique » en 2001.

Regards d’Afrique qu’est-ce que c’est ? C’est juste un petit festival en plus !

Tous les deux ans depuis 2002, en collaboration avec le FESPACO (Festival Panafricain du Film de Ouagadougou au Burkina-Faso), Regards d’Afrique récompense lui aussi les seconds rôles, un homme et une femme, sur une sélection de huit longs métrages. Et comme pour le festival Jean Carmet, l’événement ne consiste pas qu’à des projections de films. Il y a bien-sûr une sélection de courts métrages, mais aussi un large panel d’animation pour le bonheur de tous : des rencontres débat, des expos photos ou peinture, des concerts, des spectacles, des contes..!

Tout ça dans l’unique ambition de faire connaître le cinéma africain, afin de permettre aux spectateurs de se dégager d’un certain nombre de clichés et rendre compte de la diversité de ce continent.

Mais tout ça, ce n’est que la partie la plus visible de l’association. Deux festivals qui occupent bien mais qui ne font pas tout. L’activité ne s’arrête pas là et de nombreux projets en dehors de la programmation quotidienne voient le jour régulièrement pour le simple plaisir des spectateurs.

Mais cela ne serait possible sans l’investissement des membres de l’association !